Haití: organizaciones sociales piden acelerar juicio contra exdictador Jean Claude Douvalier

Haïti-Duvalier : La procédure judiciaire un enjeu pour la démocratie, selon les regroupements de victimes de la dictature

Juger l’ancien dictateur Jean Claude Duvalier (1971 -1986) et en finir avec la banalisation de la dictature demeurent « un enjeu pour la démocratie haïtienne », selon le Collectif contre l’impunité et le Comité devoir de mémoire.

Le juge Jean Joseph Lubrun, président de la cour d’appel, a ordonné le 16 mai 2013, de classer les diverses pièces soumises par les victimes, afin de décider des suites à donner au dossier de demande d’un procès contre Jean Claude Duvalier.

Depuis, les victimes sont en attente de la délibération de la cour d’appel.

Face à ce silence le Collectif « réclame que la cour d’appel cesse de bafouer les droits des citoyens et des citoyennes » en « fixant un délai pour statuer sur le dossier », au cours d’une conférence de presse le jeudi 16 janvier 2014, marquant la troisième année depuis que Duvalier est revenu de son exil en France.

Danièle Magloire, coordonnatrice du Collectif, invite l’actuelle équipe gouvernementale à se « plier aux exigences d’un État de droit démocratique en maintenant les poursuites contre Jean Claude Duvalier et consorts ».

Le comité devoir de mémoire reproche, pour sa part, au gouvernement sa tendance à redorer le blason du dictateur et d’autres anciens responsables qui ont massacré des membres de la population.

Parlant de Duvalier et consorts, le Comité critique le fait qu’il « se promène dans la République comme si de rien n’était (…) et que c’est nous les victimes qui sommes culpabilisés ».

Quant au président de la République, Michel Martelly, qui appelle au pardon et à la réconciliation, le comité estime qu’il offre de « l’indifférence à la souffrance de l’autre » et par ce comportement « la banalisation du crime ».

Marguerite Bouchereau-Clérié, responsable du comité, appelle à l’aboutissement des enquêtes de sorte que les faits soient d’abord reconnus et établis pour pouvoir parler de pardon.

Il faut que les criminels du Duvaliérisme, à commencer par Jean Claude Duvalier, passent aux aveux en reconnaissant avoir causé des torts aux autres pour parler de réconciliation, insiste-t-elle.

Concrètement le processus devrait passer par le retrait du passeport diplomatique à Jean Claude Duvalier et l’arrêt des avantages qu’on lui accorde, dont la restitution de ses biens et le paiement d’une pension présidentielle dont il bénéficie.

 

http://www.alterpresse.org/spip.php?article15823#.Ut0gbBAtqM9