Misión de la Federación Internacional de DDHH visita Haití para apoyar juicio al dictador Duvalier

Affaire Duvalier | La FIDH apporte son appui aux requérants

Une délégation de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH) effectue présentement une mission en Haïti dans le but d’apporter la solidarité de l’institution aux Organisations de défense des droits humains engagées dans la lutte pour l’aboutissement du procès de Jean-Claude Duvalier accusé de crime contre l’humanité.

L’idée de dépêcher cette mission en Haïti est venue suite au verdict de la cour d’appel de Port-au-Prince ayant cassé l’ordonnance du juge Caves Jean qui avait envoyé Duvalier au tribunal correctionnel pour corruption et détournement de fonds publics, confie Mme Clémence Bectrate qui dit espérer que le procès de Duvalier se déroulera dans le respect total de l’indépendance de la justice.

La nouvelle était tombée à pic, car à la veille même de cette décision, la Fédération internationale des droits de l’homme avait – en référence notamment au procès de Duvalier qui n’a toujours pas eu lieu – écrit au Président français lui demandant d’inscrire la protection des droits humains dans son agenda de discutions avec son homologue haïtien Mchel Martelly qui alors était en tournée officielle en Europe.

Suite à la décision de la cour d’appel de rétablir les accusations de crimes contre l’humanité formulées à l’encontre de Jean-Claude Duvalier et d’ordonner un supplément d’enquête, la FIDH, dans un communiqué, s’était félicitée. « Les autorités haïtiennes, par cette décision, ont envoyé un signal fort en faveur du rétablissement de l’Etat de droit », avait fait valoir Patrick Baudouin, Président d’honneur de la FIDH. Il avait dit toutefois espérer que les autorités concernées prendront toutes les mesures nécessaires afin d’aboutir à un procès historique.

Le dossier de Duvalier est très emblématique, selon Clémence Bectrate, avocate, militante des droits de l’homme, représentante de la FIDH, ajoutant que ce dossier sera révélateur de la capacité de la justice haïtienne de rendre justice aux victimes qui ont le courage de porter plainte.

« C’est une manœuvre dilatoire pour décrédibiliser le verdict de la cour d’appel qui n’a fait qu’appliquer le droit international en l’incorporant dans le droit haïtien pour pouvoir juger Jean- Claude Duvalier et reconnaître l’imprescriptibilité des crimes contre l’humanité commis sous son régime », a rétorqué Mme Bectracte, en réponse aux accusations des avocats de Duvalier selon lesquelles, la décision de la cour d’appel de Port-au-Prince aurait été imposée par des ONG internationales notamment l’Amnesty international.

Des décisions similaires ont été rendues par la cour suprême au Chili et en Argentine, rappelle le défenseur des droits humains, encourageant les autorités haïtiennes à laisser le dossier suivre son cours sans aucune interférence politique.

La lutte contre l’impunité est absolument fondamentale. Elle permet de protéger la société haïtienne contre éventuellement de nouvelles dérives, a dit la militante des droits de l’homme, qui dit espérer vivement que la décision de la cour d’appel sera arrêtée car dit-elle, elle est juridiquement fondée.

Après les instructions du juge Duret, les avocats de Duvalier, qui ont d’ailleurs porté l’affaire en cassation, présenteront leurs arguments. Aura lieu alors un débat contradictoire à l’issue duquel les juges décideront de confirmer ou de rétracter la décision prise en février dernier à la cour d’appel.

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