Organizaciones sociales rechazan categóricamente informe de la ONU sobre resultados de la MINUSTAH

Haïti-Minustah : La Papda critique sévèrement le rapport du secrétaire général de l’ONU

La Plateforme haïtienne de plaidoyer pour un développement alternatif (Papda) condamne avec véhémence le rapport du Secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-moon, présentant la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah) comme une réussite.

Le rapport a été présenté devant le conseil de sécurité le 11 septembre. Ilrecommande une réduction des troupes à 2 mille soldats et une prolongation pour encore un an.

« Le rapport montre une méconnaissance totale des problèmes vécus par notre pays et présente une image idyllique des résultats de la Mission en refusant de reconnaitre son échec et les nombreuses violations, constantes et systématiques, des droits fondamentaux commises par la Minustah au cours de ces 10 années d’occupation de notre territoire » lit-on dans un document de la Papda.

Le bilan de ces 10 ans témoigne que la présence de la force onusienne a aggravé la crise politique et institutionnelle dans le pays, laisse comprendre le professeur et coordonateur de la Papda Camille Chalmers, en conférence de presse ce 16 septembre.

En conséquence, la Papda demande le respect des 2 résolutions du Sénat de la République et réclame le départ immédiat et inconditionnel des troupes onusiennes.

« Tout renouvellement le 15 octobre prochain constituerait une douloureuse prolongation d’une tutelle illégale et illégitime qui a déjà fait beaucoup de torts au pays en aggravant la crise systémique », fait savoir le professeur Chalmers.

La Papda s’interroge sur l’efficacité de la Minustah à travers un éventail de faits qui se sont produits dans le pays, non seulement sur le plan politique mais aussi des droits humains.

Ainsi, critique-t-elle le fait que « cette mission onusienne appuie de manière indiscriminée les initiatives du Gouvernement en place en dépit de ses choix anti-démocratiques ».

Le retard de 3 ans dans la réalisation des élections, la nomination d’agents intérimaires à la tête des mairies et l’évasion spectaculaire à la prison de haute sécurité de la Croix-des-Bouquets témoignent d’un certain laxisme des forces onusiennes dans le pays.

« La Minustah n’a donc rien stabilisé et devrait reconnaitre qu’elle a échoué », martèle Camille Chalmers.

Pourtant, « durant cette année, cette mission coutera la somme extravagante de 500 millions de dollars américains entre juillet 2014 et juin 2015, soit près de 20% du budget de la République. Alors que la Mission a consommé depuis son introduction dans le pays en juin 2004 plus de 6 milliards de dollars américains », rapporte la Papda.

Par ailleurs, l’organisation, tout en rappelant la responsabilité de l’Onu dans l’introduction du choléra, appelle au dédommagement des victimes.

Cette maladie a déjà tué près de 8 mille 900 personnes et infecté plus de 704 mille autres.

Alterpress