Frente al plan de regularización migratoria dominicano, el Gobierno haitiano gestiona la afluencia masiva de indocumentados

Haïti-RD : Comment faire face à d’éventuels rapatriements massifs à Ouanaminthe à l’expiration du Pnre 

 
Un plan de contingence est toujours attendu pour pouvoir gérer la situation difficile qui pourrait se présenter dans la ville frontalière de Ouanaminthe, commune du département du Nord-Est, si les rapatriements massifs de sans papiers et apatrides ont lieu de la part de la République Dominicaine.

Les autorités de la République voisine avaient annoncé qu’ à la fin du Plan national de régularisation des étrangers (Pnre), le 15 juin, des déportations d’illégaux seraient effectuées vers Haïti.

Des institutions étatiques, au niveau local, dont l’Office national de la migration (Onm), l’Institut du bien-être social et de recherche (Ibesr), la Police nationale d’Haïti (Pnh) et plusieurs organisations de défense des droits humains ont participé à plusieurs réunions, au cours du mois de mai, pour tenter envisager des plans.

Les organisations Rezo fwontalye Jano Siksè (Rfjs), Service jésuite aux migrants/Solidarite fwontalye (Sjm/Sfw), commission épiscopale justice et paix (Jilap), communauté de Sœur Saint Jean, entre autres, ont pris part à ces discussions.

Un comité de suivi présidé par l’Onm est mis sur pied.

Le directeur pour le département du Nord-Est de l’Onm, l’ancien député de Ouanaminthe, Ronald Joseph, a fait savoir qu’il attend les directives du gouvernement central pour savoir quoi faire exactement dans le cadre de ce dossier.

Il avoue que l’Etat haïtien éprouvera des difficultés à gérer un éventuel flux massif de rapatriés dans les semaines à venir.

Entretemps, ces institutions locales essaient d’avoir un minimum de préparation pour répondre aux urgences (accueil des rapatriés, logement, nourriture, soin de santé, transport…) à venir si l’Etat dominicain décide d’imposer cette situation chaotique à Haïti.

Les autorités de l’immigration de la République Dominicaine auraient déjà réquisitionné une flotte de 40 bus spécialement pour mener ces opérations de rapatriements, tandis que l’Onm ne disposerait pas de moyens pour répondre à cette éventualité.

Les zones de Ouanaminthe (dans le département du Nord-Est d’Haïti) frontière avec Dajabón (côté dominicain) et Malpasse (dans le département de l’Ouest d’Haïti) frontière avec Jimani (côté dominicain) sont les deux zones prévues pour effectuer ces rapatriements. Un total de 10 mille personnes pourraient être rapatriées en Haïti par semaine.

Des sources informées n’écartent toutefois pas la possibilité que les déportations se fassent de manière subtile et diffuse.

« Nous nous rendons compte comment il a toujours été difficile de gérer même les rapatriements en petit nombre. Imaginez comment il sera compliqué pour nous (les acteurs présents sur la frontière) de gérer des milliers de rapatriés chaque semaine ? », s’interroge le directeur adjoint du Sjm/Sfw, Michel Edouard Alcimé.

Allter Press