Gobierno no está listo para recibir deportados y denuncian dificultades en el proceso de repatriación

Gobierno no está listo para recibir deportados y la Iglesia Católica denuncia dificultades en el proceso de repatriación

A quelques dizaines de mètres de la ligne frontalière entre Ouanaminthe (nord-est d’Haïti) et Dajabón (du côté dominicain) le point d’accueil du bureau haïtien du tourisme reçoit les ressortissants haïtiens rapatriés par la République dominicaine et ceux qui fuient le territoire voisin.

A l’intérieur, des agents de l’immigration enregistrent les migrants et ne donnent à ces derniers qu’une petite carte comme preuve d’inscription dans les registres destinés à cette fin, avec la promesse de leur fournir, si possible, un accompagnement à l’avenir.

Sur la cour de cette institution, derrière les grilles, sous un soleil de plomb, des travailleurs en santé publique sont installés sous une tente en plastique. Ce campement est destiné à procurer les premiers soins à tous les migrants qui en ont besoin, indique à AlterPresse le personnel sur place.

En réalité, cet espace servirait beaucoup plus de point d’exposition de brochures contenant des messages de sensibilisation sur le Vih/Sida, la malaria et le choléra.

L’état haïtien ne disposerait pas de moyen dans la commune de Ouanaminthe pour venir en aide aux migrants. Pour retourner chez eux, ceux qui ne peuvent payer le transport doivent s’adresser aux organisations de défense des droits humains qui se plaignent de manque de fonds.

« Les institutions haïtiennes n’arrivent pas à organiser l’accueil, comme le prétend le gouvernement haïtien, plus de deux mois après la fin du Plan national de régulation des étrangers (Pnre) de la République dominicaine. La réponse des autorités haïtiennes se fait toujours attendre au niveau de la ville frontalière de Ouanaminthe », estime le spécialiste en droits humains, Smith Augustin.

« La structure d’accueil mise en place met à nu la faiblesse et l’irresponsabilité de l’État haïtien », ajoute-t-il.

Jusqu’à présent, les institutions intervenant dans l’accueil des migrants, n’arrivent pas à s’entendre même sur le contenu du formulaire d’enregistrement à utiliser.

« Accueillir les migrants devrait vouloir dire : leur donner aux migrants, les moyens nécessaires pour rentrer chez eux et répondre aux besoins immédiats, tels que nourriture et soin de santé », rappelle Augustin.

Le comité mixte national de solidarité, composé d’institutions étatiques et de la société civile, chargé d’organiser l’accueil des migrants, n’a vu le jour qu’après le 17 juin, date limite d’inscription au Plan national de régularisation des étrangers (Pnre) et de début officiel des rapatriements.

Depuis le début de l’année 2015, des institutions locales (organismes publics, Ong et organisations communautaires de base) se sont regroupées dans une structure intitulée Komite pou evantyèl rapatriman masif Ayisyen (Kerma), coordonnée par le bureau régional de l’Office national de la migration (Onm). Selon des membres de cette entité, elle peine jusqu’à présent à réunir les moyens nécessaires pour entreprendre des actions en faveur des migrants haïtiens rapatriés ou qui fuient la République dominicaine.

Alter Presse

Haïti- R.D : L’église dénonce les rapatriements de migrants haïtiens à l’occasion de la journée mondiale du migrant et du réfugié

L’Église catholique via la commission épiscopale de la migration en Haiti dénonce les rapatriements des ressortissants haïtiens à l’occasion de la journée mondiale du migrant et du réfugié, célébrée le dimanche 6 septembre 2015.

Des visites de lieux, des messes, des prières, des réconforts présentiels et participatifs à l’endroit des migrants et des réfugiés ont été au menu de cette journée célébrée officiellement à Anse-à-Pitre (Sud-est), une ville frontalière à la République Dominicaine.

Le choix a été porté sur Anse à Pitres pour la célébration officielle de cette journée parce qu’à travers cette zone frontalière le mouvement migratoire est très fréquent, vu la forte concentration de sites et de camps d’hébergement, selon la commission.

Lors d’une conférence de presse donnée le vendredi 4 septembre, les responsables ont attiré l’attention des autorités haïtiennes et dominicaines sur des cas de rapatriements de migrants en situation difficile en provenance de la République dominicaine à travers les différents points frontaliers.

Ils ont appelé la communauté haïtienne à cultiver beaucoup plus de fraternité à l’endroit de ces migrants pour les accueillir et les aider.

La journée mondiale du migrant et du réfugié a été célébrée dans un contexte de rapatriements volontaires et forcés, effectués sur plusieurs points frontaliers de l’ile.

Au cours du mois d’août dernier, le Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (Garr) a dénoncé une intensification du processus de rapatriement des migrants haïtiens de la République Dominicaine.

Le président de la commission épiscopale de la migration en Haiti, Monseigneur Launay Saturné dit prendre à cœur les problèmes liés au phénomène migratoire des Haïtiens, tout en soulignant la nécessité de faire respecter le droit à la sécurité et les conventions internationales liées à la déportation des migrants.

Ces derniers confrontent divers problèmes comme le droit à l’identité, le manque de soin, le manque d’accès à l’eau potable, la nourriture et aux vêtements.

Des consignes claires ont été passées aux évêques et prêtres religieux des différentes paroisses du pays afin d’avoir une pensée spéciale pour les migrants, dans leur prédications respectives à l’ occasion de cette journée.

« Le Pape François dans son message de circonstance encourage l’Église à faire preuve d’hospitalité envers les gens, à faire la promotion de la culture de l’accueil et de la solidarité (…) dans le respect mutuel et de la culture de la “convivance” et de la rencontre », affirme l’évêque de Jacmel, Launay Saturné.

Toutes les instances du monde doivent intensifier leurs efforts en vue de mettre leur énergie en commun pour garantir le respect des droits des migrants lors des mouvements migratoires, recommande-t-il, en citant les propos du Pape François.

Le Pape François appelle tous les secteurs à travers le monde à œuvrer en faveur d’une mondialisation de la charité, de la coopération, de la solidarité pour répondre au problème migratoire, rapporte-t-il.

« L’Eglise sans frontière, mère de tous » : tel a été le thème retenu pour la célébration de la journée mondiale du migrant et du refugié, célébrée le 18 janvier à travers le monde et le 1er dimanche du mois de septembre 2015 en Haïti, indiquent les responsables de la commission.

Alter Press