Haití: sancionan a 43 policías por pasividad ante irregularidades en jornada electoral

Haïti-Élections : Le Rnddh, sceptique face aux sanctions prises à l’encontre de 43 policiers, passifs lors du scrutin du 9 août

Le Réseau national de défense des droits humains (Rnddh) se dit sceptique face aux sanctions de l’Inspection générale de la police nationale d’Haïti (Igpnh) à l’encontre de 43 policiers nationaux, qui ont fait preuve de passivité lors du scrutin du 9 août 2015.

« La Police nationale d’Haïti (Pnh) essaie de se dédouaner de ses responsabilités, en prenant ces mesures qui ne mèneront nulle part, puisqu’elle s’est montrée passive et complice des fraudes et irrégularités des législatives de 2015 », estime le directeur exécutif du Rnddh, Pierre Espérance, dans des déclarations à AlterPresse.

Les comportements, affichés par les policiers nationaux, durant le scrutin du 9 août 2015, auraient obéi aux ordres reçus au plus haut niveau de l’Etat.

« La police a été complice des cas de fraudes, d’irrégularités et de violences, qui ont entaché la journée coquine du 9 août 2015, durant laquelle la loi du plus fort a prévalu », observe le Rnddh.

Les cas de violences, enregistrées lors de ces législatives, auraient été prémédités par le Conseil électoral provisoire (Cep) et le gouvernement, aux yeux du Réseau national de défense de droits humains.

43 policiers nationaux (33 dans le département du Nord, 10 au Plateau central) ont été sanctionnés pour passivité et manquement aux normes (plusieurs ne se sont pas présentés à leurs postes, en dépit de la réception de per diem pour l’occasion), a indiqué Marc Wilkens Jean, porte-parole de l’Igpnh, qui présentait, devant la presse le lundi 31 août 2015, un bilan des actions de l’inspection générale de la Pnh pour le mois d’août 2015.

Les policiers, qui se sont montrés défaillants et nonchalants, pendant les élections, dans les différents centres de vote, sont passible de un à 3 mois de suspension sans solde, annonce l’Igpnh.

L’indifférence, la passivité et le manque d’engagement, dont ont fait montre les policiers, étaient tangibles dans plusieurs centres de vote et certains endroits du pays.

De tels manquements ont été également soulignés dans de nombreux reportages et rapports d’observation, reconnaît l’Igpnh.

En raison du décret électoral, les policiers n’auraient pas eu accès aux centres de vote, selon l’Igpnh.

Une assertion, contestée par le Réseau national de défense de droits humains, qui signale combien des policiers nationaux ont pu pénétrer dans différents centres de vote, le dimanche 9 août 2015.

Les policiers nationaux auraient pu se comporter autrement en sécurisant les centres de vote. Ce qui aurait pu « éviter cette mascarade » au pays, considère le Rnddh.

AlterPresse