En Contexto
El 25 de octubre se llevó a cabo la primera vuelta electoral en Haití sin que ninguno de los candidatos obtuviera la mayoría absoluta. La segunda vuelta estaba prevista para el 27 de diciembre, pero fue suspendida a causa de las protestas ciudadanas. Lo mismo ocurrió el 24 de enero, luego de que la violencia se hubiera incrementado. Se espera una resolución que permita que el nuevo presidente electo asuma en el mes de mayo de 2016

Aboga por unidad en Haití saliente presidente Martelly

El presidente haitiano, Michel Martelly, quien deja hoy su cargo, pidió ante el bicameral Congreso Nacional la unidad para solventar los problemas que enfrenta este país, sumido en una crisis política.

En una alocución ante ese órgano, el saliente mandatario pidió a los hijos de este estado que en aras de lograr un mejor futuro abandonen el camino de la violencia ya que, sostuvo, esa senda no conduce a nada.

Martelly, quien accedió al poder el 14 de mayo de 2011, cesa en sus funciones como presidente este domingo, sin que aún se haya elegido en las urnas a su sucesor.

El saliente mandatario firmó el pasado sábado un acuerdo político con representantes del Senado y la Cámara de Diputados para la conformación de un gobierno de transición, con un mandato de 120 días y que deberá organizar elecciones el venidero 24 de abril.

El documento suscrito establece que el congreso designará a un presidente en venideros días y que los aspirantes pueden presentarse a la Asamblea Nacional para postularse.

Mediante la firma del pacto se evita un vacío de poder en el gobierno, afirmó por su parte el presidente de la Cámara baja, Cholzer Chanzy.

Dentro de ese complicado escenario, la oposición, agrupada en el denominado G-8, señaló en un comunicado que la principal misión de un Gobierno de transición debe ser garantizar la paz y fomentar un clima de confianza de cara a la segunda vuelta electoral.

También demandó la creación de una comisión que indague sobre las presuntas irregularidades detectadas en la primera ronda comicial, celebrada el pasado 25 de octubre.

La crisis política se desató por la posposición de la segunda vuelta de las elecciones presidenciales, prevista para el pasado 24 de enero, y las persistentes denuncias de fraude en la primera ronda comicial.

Prensa Latina

Primer ministro de Haití pide unidad para facilitar la transición

El primer ministro, Evans Paul, hizo un llamado de unidad a las fuerzas políticas del país para facilitar la transición hacia un nuevo Gobierno, luego de concluir el mandato del presidente Michel Martelly.

“Hoy es un día muy especial para el país. El presidente dejó el poder sin un sucesor, ahora a nosotros nos toca encontrar una solución”, manifestó Paul durante un mensaje dirigido a la nación.

En ese sentido, convocó a partidos políticos y parlamentarios al trabajo conjunto para hallar una solución al conflicto lo más pronto posible.

“Tenemos un gran desafío, tenemos que dar todo por Haití. Todos a dialogar para solucionar la crisis”, reiteró Paul.

Tras el mensaje del primer ministro la Asamblea Nacional creó una comisión bicameral para empezar a recibir a los posibles candidatos a reemplazar a Martelly en la Presidencia de la nación. Se espera que este proceso se extienda por un máximo de cinco días.

Hoja de ruta

El acuerdo firmado el pasado sábado establece el Presidente no puede beneficiarse de ninguna prórroga del mandato. Por ello, el Parlamento encargó la Presidencia al Primer Ministro y anunciará la elección en la Asamblea Nacional de un presidente provisorio, cuyo mandato será de 120 días máximo a partir de la fecha de su instalación.

Luego de la evaluación de los otros procesos electorales realizados anteriormente, el Consejo Electoral Provisorio (que debe conformarse en un lapso no mayor de 72 horas), aplicará unas recomendaciones técnicas de la comisión independiente de evaluación electoral y finalizará con la proclamación de las elecciones municipales.

El 6 de mayo se proclamarán los resultados definitivos y el Presidente que resulte electo se instalará el 14 de mayo.

Telesur

Le président Michel Martelly s’en va, le parlement devra élire un président provisoire

Il est dix heures et quelques bonnes minutes. Le périmètre du Parlement est bouclé par des policiers de différentes unités spécialisées. Il y a peu de curieux, aucun manifestant face au camion lance-eau, face à la haie de sécurité mise en place par des policiers anti-émeute. RAS. Le balai des véhicules à plaques officielles ou du corps diplomatiques occupe les hommes en faction au Bicentenaire.

Presque bouffés par l’ennui, ceux qui sont là par devoir et obligation, entre la mer et des immeubles vétustes, témoins jadis de la splendeur du Bicentenaire, sujets de carte-postale quand les paquebots débarquaient des milliers de touristes aux joues roses à Port-au-Prince, attendent l’arrivée de l’homme du jour : Michel Martelly, le président sortant.

Ce 7 février 2016, trente ans après sa fuite en exil vers la France, ce n’est pas l’ex-dictateur Jean-Claude Duvalier, peinard dans l’au-delà après avoir échappé à la justice des hommes, qui a rendez-vous avec l’histoire, mais Michel Martelly. L’ex-chanteur, attendu à l’Assemblée nationale à la cérémonie de constant de la fin de son mandat sans élection d’un successeur, doit remettre l’écharpe présidentielle.

Dans les premiers paragraphes de son discours, le président sortant a dit : « Je veux vous exprimer toute ma reconnaissance et vous dire de continuer de croire. Croire au changement pour forcer le destin et remettre Haïti à la place qui est la sienne dans le concert des Nations. D’espérer sans relâche. D’espérer Tet Kale. »

Pour Martelly, « la relève est partout dans le pays, les yeux grands ouverts, le front haut pour refuser le destin de fatalité dans laquelle nos guerres fratricides pour le pouvoir l’ont piégée… ». Plus loin, il a ajouté: « Mais qu’importe, Haïti se souviendra sur son long chemin vers la terre Promise, qu’un certain Michel Joseph Martelly, Micky pour son peuple, avait aimé, avait donné, avait bâti, peut être mieux que ceux qui n’ont jamais péché. »

Ce n’est qu’aux remerciements à sa famille que le président a pu décrisper ceux qui l’écoutaient attentivement. « A toute ma famille, particulièrement a toi, Sophia, mon épouse, merci. Que serais-je sans toi qu’une corde brisée aux doigts du guitariste ? »

Devant l’Assemblée nationale qui l’a accueilli dans un silence glacial vers 13 heures 10, le président a reconnu que « l’histoire se rappellera aussi de mes échecs que j’assume et que j’assume seul. Parmi ceux-ci, mon plus grand regret, celui d’élections présidentielles différées.

Michel Martelly, tout en maîtrise et éloquent dans ce dernier grand oral, a renouvelé son amour pour le peuple haïtien et fait une promesse : « Je voudrais vous dire vous peuple haïtien que je vous aime et que je ne cesserai jamais de vous aimer et de vous accompagner… »

Prezidan an ap toujou la pou nou !, a-t-il dit sous les yeux de son épouse, Sophia Martelly, de son fils Olivier Martelly, du Premier ministre Evans Paul, des membres du cabinet ministériel, de diplomates en poste ici dont Sandra Honoré, patronne de la Minustah, Peter Mulrean, ambassadeur des USA.

Dans son discours à la nation, ni bilan ni réquisitoire, le président Michel Martelly, encore ceint de l’écharpe présidentielle, a égratigné ses opposants. Ceux qui ne l’ont pas compris. Ceux qui ont fait du dilatoire. Parlant de son rôle de président, prêt à répondre devant le tribunal de l’histoire, il a confié que « Mwen rann mwen kont ke se pa yon misyon ki fasil, Mwen konnen tou malgre anpil moun chwazi manti, dilatwa ak demagoji pou jere le prezan, listwa toujou chwazi rekil pou l’ jere la verite, se sak fè jodi a mwen ka di-n m’ pare pou m’ reponn devan tribinal listwa.

S’aménageant le bon rôle, Martelly a affirmé avoir le sentiment du travail bien fait. Et comme prenant date pour un rendez-vous plus tard avec la nation, il a dit dans la partie en créole de son adresse ultime à la nation : « Paske menm si se vre, mwen jwe patisyon pa m’ yo nan mizik la, ki vinn pèmèt mwen ka ale ak santiman yon travay ki byen fèt, m’ paka retire nan bouch mwen gou yon misyon ki poko fini e ki rete anpil pou fèt toujou. »

Le chef d’Etat sortant, une nouvelle fois, a lancé un appel au calme. Haïti, en métaphore, est une chaudière qu’il ne faut pas chauffer au risque que cela ait des impacts sur le reste. Plus loin, le président a redit « Yon kokenn chenn mèsi pou chak grenn ayisyen. Ni sa ki te pou mwen ni sa kite kont mwen. » Avant de préciser : « Mwen te toujou di tèt mwen pa gen pèsonn nan opozisyon ni nan laprès ki te rayi Michel Martelly men pito mwen panse ka gen kèk nan yo ki te gen pwoblèm ak ideyoloji epi vizyon Prezidan Martelly », devant des législateurs en apparence imperméables aux mots du président, comme si ceux-ci manquaient de cœur, de vrai, d’authenticité.

A ceux de ses amis et partisans qui lui ont reproché d’avoir fait trop de compromis et d’avoir souvent reculer pendant sa présidence devant les demandes de l’opposition, le président Martelly a apporté des précisions : « Mwen gen anpil patizan ak senpatizan mwen konnen ki repwoche mwen pou twòp konpwomi daprè yo mwen fè pandan mwen t’ap dirije bak peyi a. Pou moun ki konn Michel Martelly byen, nèg tanperaman fò a, yo di yo pa kwè ke se mwen k’ap fè tout konpwomi sa yo ».

Il a poursuivi pour dire : « Wi, se te mwen, mwen te toujou mete ògèy mwen dèyè, mwen te toujou bliye tèt pam e pafwa neglije fanmiy mwen poum rezoud kriz anndan peyi a. Paske, janm mwen toujou renmen di l’, pa gen okenn sakrifis ki two gwo depi se pou Ayiti ! »

Qu’à cela ne tienne, Martelly appelle les forces vives d’Haïti à travailler ensemble dans le processus initié par l’accord politique pour éviter au pays un « nouveau traumatisme ».

Pour marquer le terrain, définir les contours de son avenir, le chef de l’Etat sortant a souligné qu’il a été et sera toujours là pour le peuple haïtien et a remis l’écharpe présidentielle, que sa femme Sophia lui a enlevée, au président de l’Assemblée nationale, Jocelerme Privert.

« En ma qualité de président de l’Assemblée nationale, et conformément aux dispositions des articles 134-1, 134-2 et 143-3 de la constitution de 1987 amendée, je prends note de vos déclarations et dresse le constat de la fin de votre mandat. Je déclare qu’à partir de ce moment, il y a un vide présidentiel », a dit le président l’Assemblée nationale, Jocelerme Privert.

Dès lundi, conformément à l’accord, l’appel à candidature sera lancé. « Une commission bicamérale spéciale sera instituée instamment pour étudier les dossiers des postulants au regard de l’article 135 de la constitution amendée et produire un rapport ouvrant la voie aux procédures d’élection du président Provisoire, une procédure célère qui s’inscrive dans la fourchette de temps imparti par l’accord », a indiqué Jocelerme Privert.

Le président de l’Assemblée nationale s’est fendu d’un appel pressant et solennel : « dans cet intervalle de fragilité institutionnelle, administrative et politique, au nom de tous les parlementaires de la 50ème législature, au nom de la nation souffrante et attentive aux prochaines décisions de ses représentants et de ses leaders authentiques, en ma qualité de président de l’Assemblée nationale investie par le peuple souverain et les circonstances exceptionnelles d’une part prépondérantes, sinon entière de la souveraineté nationale, je demande aux forces vives du pays, à tous les secteurs politiques, à la société civile d’observer une trêve politique qui permette une communication sereine et conviviale entre tous. En cela, nous aurons aidé la République à se doter rapidement de l’institution cardinale de la présidence, dans un climat d’apaisement et de profonde réflexion patriotique, dans l’union qui fait la force… ».

Pour rester dans le cadre de l’accord, les inscriptions seront reçues pour les candidats à la présidence provisoire. « Ce n’est pas la première fois que cela va se faire dans le pays », a souligné le sénateur Carlos Lebon. Il croit comprendre que Jocelerme Privert est candidat.

Comme les autres candidats qui auront confirmé leur candidature, le sénateur Privert, s’il se lance, devra faire campagne au sein de l’Assemblée nationale, a expliqué Carlos Lebon.

Il n’y a pas seulement le Parlement, a dit pour sa part Youri Latortue qui estime important que d’autres acteurs importants s’intéressent à ce processus. C’est aussi la position des sénateurs Evalière Beauplan et François Annick Joseph.

Seule note discordante, le député de Delmas, Gary Bodeau, croit que le prochain président ne devrait pas sortir du Parlement. Il a évoqué cet accord trouvé qui traduit la volonté du Parlement de faire un « un coup d’Etat » sans expliqué le fond de sa pensée.

Au Parlement, les tractations ont déjà commencé, a souligné un autre député alors que dans les rues, dans les quartiers populeux, bastions de Fanmi Lavalas et de Pitit Dessalines, il y a des voix, comme celle du G-8 qui critiquent le Parlement, bénéficiaire d’un appui marqué de la communauté internationale et dénoncent l’aspect antidémocratique de l’accord trouvé entre le parlement et l’exécutif sortant.

Par rapport à la tension qui règne dans les rues, en marge de la cérémonie, le chef de la police, Godson Orélus a lancé un appel au calme. La police prend toutes les dispositions pour assurer la sécurité des vies et des biens, a-t-il souligné.

Cela n’a pas empêché à des milliers de manifestants de gagner les rues et certains ont tenté de s’en prendre aux installations mises en place pour le carnaval au Champ de Mars. A coup de gaz lacrymogène et de camion à eau, les forces de l’ordre tentaient de contenir les débordements des heures après la remise de l’écharpe présidentielle par le président Michel Martelly.

Parti après avoir été chaudement salué par beaucoup de parlementaires, encore avec son cortège, le président Martelly, debout à la portière de sa voiture blindée, s’est offert un rapide tour de ville, avant de rentrer chez lui, d’où très vite il est ressorti pour aller jouer au football avec des sympathisants.

Ce dimanche 7 février, premier jour gras annulé par décision du Premier ministre Evans Paul, ne passera pas à l’histoire comme un jour ordinaire, même si la passation de pouvoir qui est prévue dans la constitution n’a pas pu se matérialisée.

Le Nouvelliste