La Asamblea Nacional haitiana elegirá al presidente provisional el 13 de febrero, una semana después de que Michel Martelly dejara el poder tras concluir su mandato sin que se haya elegido a su sucesor debido a la prolongada crisis política del país, informaron ayer fuentes parlamentarias.

Según el calendario, las inscripciones de los candidatos a dirigir el Gobierno de transición estarán abiertas hasta la tarde de este jueves.

Se requiere que el candidato tenga al menos un miembro en la Asamblea nacional, que sea mayor de 30 años y que esté al día en el pago de los impuestos.

La inscripción de cada una de las candidaturas tendrá un costo de 500.000 gourdes (unos 8.200 dólares).

Antes de entregar el pasado domingo la Presidencia, Martelly logró un acuerdo con el Parlamento para la instalación de un Gobierno provisional, cuyo titular será elegido por los legisladores, lo que es rechazado por la oposición, que propone que el presidente provisional sea el actual titular de la Corte Suprema de Justicia, Jules Cantave.

El acuerdo establece un Gobierno de transición de un mandato de 120 días que deberá organizar elecciones el 24 de abril próximo.

El presidente que salga de esos comicios deberá jurar el cargo el 14 de mayo, según algunos de los detalles divulgados del acuerdo.

Haití tenía previsto celebrar el pasado 24 de enero la segunda vuelta de las elecciones presidenciales, que fueron aplazadas dos días antes por el Consejo Electoral Provisional (CEP) ante la situación de violencia que vive el país y que ha dejado al menos cuatro muertos.

En la primera vuelta de las presidenciales, celebrada el 25 de octubre pasado, los candidatos que obtuvieron más votos fueron el del oficialista Partido Haitiano Tet Kale (PHTK), Jovenel Moise, y el del opositor Liga Alternativa por el Progreso y Emancipación Haitiana (Lapeh), Jude Celestin.

Este último rechazó participar en la segunda ronda alegando “graves irregularidades” en el proceso.

Listín Diario

Le parlement n’a pas droit à l’erreur

Le 14 février prochain, c’est le délai que se fixe le parlement pour la prise de fonction d’un président provisoire, qui doit combler le vide laissé par le départ de l’ancien chef de l’État Michel Martelly, à la fin de son mandat le 7 février dernier, en l’absence d’un successeur élu.

La Commission bicamérale spéciale chargée de préparer l’élection a lancé un appel à candidature. Les intéressés sont priés de se présenter au parlement, du mercredi 10 au vendredi 12 février, munis des pièces requises. Le président provisoire devra être élu le 13 et être installé dans ses fonctions le 14 février.

Cet exercice paraît risqué pour un parlement contesté, incomplet (116 parlementaires sur 149), jouissant d’une faible légitimité, et engagé dans un accord avec l’ancien président, qui est loin de faire l’unanimité.

Le départ de Martelly à la fin de son mandat était voulu par diverses forces vives de la vie nationale, mais pas pour faire de ce parlement l’unique pouvoir à décider de manière unilatérale sans ouverture vers les secteurs de la société qui n’ont pas été partie à l’accord.

Il est vrai que le secteur privé apporte tout son appui à l’application stricte de l’entente qui a été trouvée in extremis. Mais plusieurs organisations des milieux politiques, civils et sociaux ne cachent pas leurs préoccupations quant à la formule adoptée pour combler le vide présidentiel.

Tel que cela s’est produit par le passé, ces entités, dont le Groupe de 8 candidats à la présidence de l’opposition (G-8) et le Front du refus (forum de partis politiques démocratiques, organisations sociales et personnalités), se prononcent en faveur du choix d’un juge de la Cour de cassation.

En fait, sur la table, il n’y a pas qu’une option, et ce parlement ne devrait pas se boucher les oreilles, comme l’ont fait l’exécutif, le Conseil électoral provisoire (Cep), appuyés par la communauté internationale. Ils ont du revenir sur leur décision d’organiser à tout prix le second tour des élections législatives et présidentielles du 24 janvier dernier.

Il est important de considérer que le vide présidentiel auquel est actuellement confronté le pays constitue la manifestation d’une grande faillite institutionnelle, qui affecte l’ensemble des pouvoirs.

Ce parlement incomplet et souffrant d’un déficit de légitimité, à cause de la violence et de la fraude qui ont entaché les dernières élections, ne devrait pas chercher à prendre avantage de la crise et imposer sa formule sans aucune concertation avec le reste de la société et les autres pouvoirs.

Cette voie tendrait à fragiliser encore plus l’institution parlementaire vers laquelle tous les yeux sont désormais tournés ainsi que les revendications populaires.

Au fait, les leaders de ce parlement doivent bien comprendre que personne, à part eux-mêmes, n’est concerné par l’accord du 6 février, lequel ne saurait supplanter le cadre constitutionnel.

Le premier ministre Evans Paul a lancé au soir du 7 février un appel au dialogue qui semble ne pas avoir été entendu au Bicentenaire. Paul n’a fait que reprendre pourtant une demande de large consensus exprimée au niveau de la société en général pour essayer de sortir durablement de la crise afin de poser les grands problèmes économiques et sociaux du moment.

Comme l’attestent les derniers rapports, la situation économique et sociale léguée par le pouvoir Martelly est plus qu’alarmant, avec notamment une monnaie qui s’érode inexorablement (63 Gourdes pour 1 dollar) et le doublement du nombre de personnes souffrant de la faim (3,6 millions).

La rue s’agite encore et ne comprend pas. Elle ne semble pas vouloir monter dans ce train d’enfer qui doit amener, en quelques étapes planifiées dans la précipitation, à la présidence provisoire. D’ailleurs de nouvelles mobilisations sont annoncées pour le reste de la semaine et visent en priorité le siège du parlement.

Le président de la chambre des députés, Cholzer Chancy, l’a dit sur son compte Twitter : « seul un compromis englobant toutes les forces en présence, pourra nous permettre de sortir de cette crise inédite ». Certains parlent même d’une « entente stratégique », au delà des secteurs traditionnels de pouvoir, en vue de notre survie en tant que nation.

De toute évidence, la crise n’est pas derrière nous et le chaos constitue une menace permanente. Combler le vide présidentiel n’est qu’une étape qui contribuera soit à diminuer la méfiance, soit à l’aiguiser.

Car après, il faudra s’armer de courage pour réexaminer les élections d’aout et d’octobre 2015, afin de pouvoir embrasser, une fois pour toutes, la vérité électorale et rompre avec l’impunité électorale. Il faudra aussi faire la lumière sur la gestion de l’État sous le régime Martelly, durant lequel les scandales de corruption et autres ont fleuri.

C’est à cet exercice que nous sommes tous conviés, de bon gré ou par la force des choses, en vue d’un éclairci qui redonne de l’espoir. Il est urgent d’éviter de reproduire les comportements qui durant les semaines écoulées n’ont fait que nous enfoncer dans une impasse.

AlterPresse