Le système humanitaire mondial, un échec, regrette Action Aid Haiti

L’organisation Action Aid Haïti déplore l’échec du système humanitaire mondial, à l’occasion du sommet mondial sur l’action humanitaire, qui se tient les 23 et 24 mai 2016 à Istanbul, en Turquie.

« Même si ce sommet ne va pas aboutir à des décisions contraignantes, mais c’est un outil pour continuer à reformer le système humanitaire mondial qui a failli », estime la directrice de Action Aid Haiti, Yolette Etienne, dans une interview accordée à AlterPresse.

Ce sommet entend débattre d’une nouvelle orientation de l’aide humanitaire, rappelle-t-elle, soulignant que les désastres naturels et conflits sont encore nombreux à travers le monde.

Les problèmes liés à la marginalisation des populations locales, l’adaptation de l’aide, au respect pour la dignité et les droits des personnes affectées, ainsi qu’aux mécanismes de reddition de comptes, ont été soulignés à travers les consultations engagées sur la question, fait-elle savoir.

Haïti doit pouvoir supporter les recommandations exprimées et pousser les acteurs à les appliquer, souhaite-t-elle.

Etienne plaide en faveur d’une meilleure intégration des jeunes, du leadership des femmes, d’une révision des stratégies des organisations internationales et de la mise en place d’un comité de suivi sur le sujet.

« Un processus de consultations régionales a été initié depuis deux ans. Huit consultations régionales ont eu lieu. Haïti a participé à une consultation régionale au Guatemala en mai 2015, mais le pays a très peu suivi le processus ».

Ces consultations entamées pour entendre la voix des populations affectées par les crises ont abouti à l’élaboration d’un rapport que le Secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-moon, devra présenter durant le sommet.

« Une seule humanité, des responsabilités partagées » est le titre de ce rapport qui touche plusieurs points comme la participation des communautés à la gestion humanitaire, le développement de la résilience pour investir dans la prévention et renforcer les capacités locales et le financement pour réduire les vulnérabilités, mentionne Etienne.

« Il faut pendant les périodes normales se préparer pour réduire les vulnérabilités, et quand nous faisons les interventions d’urgence, il faut que celles-ci construisent et aident à avancer vers le long terme ».

Les gouvernements doivent valider les différentes recommandations et les mettre en oeuvre dans le cadre d’une nouvelle orientation de l’aide humanitaire, indique-t-elle.

Durant le sommet, Haiti est censée également soutenir des points sur la question du financement, du leadership local, tant pour le gouvernement que pour les organisations nationales.

Le premier ministre Enex Jean-Charles participe au sommet aux cotés de représentants d’au moins 80 pays.

Alter Presse