Haiti-Politique : Nouvelle convocation de l’assemblée nationale pour le 28 juin

La nouvelle date retenue pour l’assemblée nationale avortée le mardi 21 juin dernier est le 28 juin prochain.

C’est ce qui ressort d’une note signée par le président de la chambre des députés, Cholzer Chancy, jouant le rôle de président de l’assemblée, et du vice-président du sénat, Ronald Larêche.

L’assemblée avortée du 21 juin devait se prononcer sur la fin des 120 jours du mandat du président Jocelerme Privert, le 14 juin dernier.

La séance qui était prévue le mardi 21 juin 2016 n’a pu avoir lieu en raison du climat d’insécurité qui a régné devant le parlement, suite à un mouvement de manifestation.

Une pierre tombée dans l’enceinte du parlement a perturbé une rencontre qui se tenait entre des sénateurs.

« C’est dommage c’était un incident malheureux, mais il y a eu montage. Les interprétations données à ce qui s’est produit ne cadrent pas avec la réalité. Il n’y a aucune possibilité pour qu’une pierre lancée par un manifestant soit tombée à l’intérieur de l’enceinte du parlement », opine Wetsner Polycarpe, sénateur du Nord.

Il parait que c’est un employé du parlement, proche d’un sénateur contesté de l’Artibonite, Youri Latortue qui a lancé la pierre sur le local du parlement où se tenait la conférence des présidents de la commission permanente, pense-t-il.

« La majorité des sénateurs du bloc minoritaire a laissé la salle. Certains portaient des gilets par balle sous leurs vestes. D’autres étaient munis d’armes de guerre qu’ils pointaient en direction du bâtiment », rapporte Polycarpe qui était présent à la réunion.

L’insécurité qui a régné au parlement ne provenait pas de l’extérieur, mais de l’intérieur, avance-t-il.

Il indique que le sénateur Carl Murat Cantave l’aurait menacé de mort ainsi que deux autres sénateurs en présence de plusieurs témoins, notamment des travailleurs de la presse accrédités au parlement.

Pris de panique au moment du désordre qui régnait aux abords du parlement, le président a.i Cholzer Chancy a annoncé un report de la séance à la huitaine, sans consulté les autres parlementaires.

Contacté par AlterPresse, le sénateur Youri Latortue, l’un des chefs de file du bloc minoritaire au sénat de la république condamne les actes perpétrés contre le local du parlement.

Une enquête doit être diligentée contre les auteurs des troubles, exige le sénateur de l’Artibonite.

Le motif mis en avant par les sénateurs pour renvoyer l’assemblée nationale constitue un prétexte, affirme le député d’Aquin, Jean Robert Bossé.

Des incidents encore plus graves ont l’habitude de se produire au parlement sans empêcher pour autant la tenue d’une assemblée nationale, avance-t-il.

« Ce qui se passe au parlement, c’est le reflet d’une société en décomposition totale. Des collègues députés et sénateurs pavanent en pleine séance avec des armes. C’est une situation extrêmement compliquée qui démontre que la société est malade », critique Bossé.

Il invite chaque député et sénateur à faire preuve de responsabilité.

Alter Presse