L’ONU plaide pour le respect du calendrier électoral

Le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, Ban Ki-moon, a rendu son rapport sur l’évolution de la situation en Haïti entre mars et août 2016. Haïti peut difficilement se permettre une autre impasse électorale, a conclu le secrétaire général, qui invite tous les acteurs politiques à ne ménager aucun effort pour que les élections se tiennent dans les délais prévus. Le numéro un de l’Organisation mondiale déplore l’échec de l’Assemblée nationale à statuer sur l’avenir du président provisoire dont le mandat est arrivé à terme depuis deux mois.

A environ un mois de la fin du mandat de la Minustah, le secrétaire général des Nations unies soumet au Conseil de sécurité son rapport sur la situation en Haïti. Élection, gouvernance, sécurité, le secrétaire général de l’ONU a tout passé en revue en évoquant la fragilité de la situation en Haïti. « Au cours de la période considérée (mars-août 2016), les parties prenantes haïtiennes ont essayé sans relâche de rétablir l’ordre constitutionnel en relançant le processus électoral et en le menant à terme. La période a également été marquée par l’incertitude politique due au manque de transparence des modalités de gouvernance au sommet de l’État», peut-on retenir d’entré de jeu dans le rapport de 105 pages retraçant les faits saillants qui ont marqué le pays au cours de ces derniers mois.

« Je demande une fois de plus à tous les acteurs concernés – autorités nationales, partis et candidats politiques, société civile et secteur privé – de ne ménager aucun effort pour que des élections crédibles, impartiales et ouvertes à tous aient lieu dans les délais impartis », a poursuivi le secrétaire général dans le rapport qui doit être présenté devant le Conseil de sécurité dans les prochains jours. « J’exhorte aussi les autorités nationales, y compris l’exécutif, la justice, le Conseil électoral provisoire et la Police nationale, à préserver la neutralité… Vu les nombreux problèmes socio-économiques qui se posent à sa population, Haïti peut difficilement se permettre une autre impasse électorale », a fait savoir Ban Ki-moon.

L’ONU optimiste pour les élections

Sur les élections, le secrétaire général se montre plutôt optimiste sur le processus engagé par le nouveau Conseil électoral. Les préparatifs du premier des deux scrutins, qui doit avoir lieu le 9 octobre, coïncident apparemment avec le calendrier élaboré et publié par le Conseil électoral provisoire, et j’attends avec intérêt l’achèvement des opérations électorales en temps voulu, selon le rapport.

« Je vois des signes encourageants dans l’engagement dont les autorités nationales ont fait preuve, jusqu’à présent, à s’approprier davantage toutes les facettes du processus électoral, y compris les aspects financiers et opérationnels, et dans le rôle de chef de file que le Conseil électoral provisoire a su jouer », a indiqué le secrétaire général. Pour Ban Ki-moon, il est de la plus haute importance que cet engagement se maintienne et que les opérations électorales soient menées à leur terme, conformément au calendrier actuel, de manière à garantir le rétablissement de l’ordre constitutionnel à la date du 7 février 2017.

Le Parlement dans le collimateur de l’ONU

S’il y a une institution qui est indexée dans le rapport, c’est le Parlement. L’Assemblée nationale est dans le collimateur de l’ONU pour n’avoir pas réussi à statuer sur l’après 14 juin, date officielle de la fin du mandat de 120 jours du président Privert. « Plus de deux mois après l’expiration du mandat de 120 jours du Président par intérim, l’Assemblée nationale doit encore adopter des mesures pour assurer la continuité de l’exécutif, comme le prévoit l’accord du 5 février », a déploré le secrétaire général.

Si les préparatifs pour les élections sont globalement bien engagés, l’incapacité du Parlement à arrêter les modalités de la gouvernance temporaire a gêné le travail de l’exécutif et du législatif, regrette le secrétaire général, qui cite des exemples : « Bien que l’Assemblée nationale ait voté le projet de budget révisé pour l’exercice 2015-2016, ce dernier n’a pour l’instant pas pu être pleinement adopté car le Sénat n’est pas en mesure de se réunir. En outre, aucune décision n’a encore été prise concernant le projet de budget pour l’exercice 2016-2017, qui commence en octobre 2016 ».

« Je prie instamment l’Assemblée nationale d’assumer son rôle et de prendre les décisions utiles en ce qui concerne les arrangements de gouvernance, poursuit le rapport dont le journal a obtenu une copie. Pour la deuxième fois cette année, Haïti évolue dans un climat d’incertitude politique et institutionnelle qui touche les plus hautes fonctions de l’État.»

Ban Ki-moon lance un appel urgent à tous les acteurs haïtiens pour qu’ils unissent leurs forces, dans l’intérêt de leur peuple, et donnent la priorité au rétablissement de l’ordre constitutionnel dans le pays en menant à son terme le processus électoral en cours ».

Le Nouvelliste