Un balance sobre el panorama electoral de 2016 en Haití marcado por las turbulencias

Bilan 2016 : Un effort important pour la poursuite du processus électoral, malgré des turbulences

L’année politique se confond quasiment avec les 10 mois du président Jocelerme Privert au pouvoir, marqués par un effort important pour la poursuite du processus électoral, mais aussi des moments de turbulences politiques, observe AlterPresse.

Suite à un accord controversé trouvé entre le parlement et l’exécutif, Privert, âgé de 62 ans, a été élu au second degré, le dimanche 14 février 2016, afin de combler le vide présidentiel, laissé par le départ de l’ancien chef de l’État, Michel Martelly, le 7 février dernier.

Au lendemain de l’élection de l’ancien sénateur, les protagonistes politiques ont éprouvé beaucoup de difficultés à s’entendre sur le choix d’un premier ministre.

Dans un premier temps, l’économiste Fritz-Alphonse Jean a été nommé comme premier ministre, selon un arrêté présidentiel en date du 25 février 2016, puis écarté par le parlement en raison du fait qu’il n’avait pas pu obtenir un vote de confiance au parlement.

Le coordonnateur de la Plateforme des organisations haïtiennes de défense des droits humains (Pohdh), Jean Maxime Rony, critique la façon dont Jean a été écarté du pouvoir et le temps pris par la chambre des députés et le sénat pour ratifier le premier ministre Enex Jean-Charles.

Tout a été motivé par un « partage de gâteau », fustige-t-il dans une conversation téléphonique avec AlterPresse

La politique générale de Jean-Charles a été ratifiée au sénat et à la chambre basse, dans la soirée du jeudi 24 au vendredi 25 mars 2016, 4 jours après le vote de censure à l’économiste Fritz-Alphonse Jean par la chambre des députés.

Le cabinet de Privert qui a pris le pouvoir dans un contexte difficile et controversé a été formé avec une seule famille politique, écartant, du coup, les autres secteurs, déplore la Pohdh.

Consensus difficile, malgré une journée électorale réussie

L’année 2017 sera compromise parce qu’aucun consensus minimum n’est encore trouvé entre les différents secteurs de la vie nationale, augure le coordonnateur du Collectif du 4 décembre, Jean Robert Argant, dans une interview à AlterPresse.

Les partis politiques contestataires des résultats définitifs de la présidentielle du 20 novembre 2016 continuent d’exprimer leurs désaccords au processus de vérification.

Ces résultats sont reportés au mardi 3 janvier 2017, au lieu de la date, initialement prévue, du jeudi 29 décembre 2016, indique une note du Conseil électoral provisoire (Cep), en date du mercredi 28 décembre 2016.

La demande de vérification, formulée par les partis politiques contestataires, et les différentes étapes (qui restent à franchir) dans le processus de contentieux électoral justifieraient la décision de report de la publication des résultats définitifs de la présidentielle, souligne-t-elle.

L’organisation de la présidentielle et des législatives partielles a été l’une des priorités de Privert qui a entamé de multiples pourparlers avec les acteurs politiques clés, en vue d’une issue à la crise politique.

Les contradictions entre les protagonistes demeurent encore très vives et complexes, avec les manifestations qui se sont multipliées depuis la publication, le 28 novembre, des résultats de la présidentielle du 20 novembre dernier.

Le mercredi 28 décembre 2016, Privert s’est félicité des dispositions prises par le gouvernement pour que les élections puissent avoir lieu dans de bonnes conditions, lors du dernier Conseil des ministres de l’année 2016. Une journée électorale saluée par diverses organisations nationales et entités internationales.

Privert en a profité pour discuter de l’avancement du processus électoral, du bilan du gouvernement et de la gestion des ressources du trésor public.

Il a aussi exhorté le gouvernement à continuer de faire une gestion saine des ressources de l’État et également réitéré sa ferme décision de quitter le pouvoir le 7 février 2017, date constitutionnelle.

« Le calme n’est pas pour demain. Quand il y a turbulences politiques, il y a fuite des capitaux, il n’y aura pas d’emplois », prévient Rony alors que, pour Argant, l’année 2016 a été « catastrophique, horrible et désastreuse » sur le plan politique.

Peu d’espoir…

En termes de bilan, les résultats du pouvoir actuel sont, un peu faibles, regrette Rosemond Pradel, l’un des dirigeants de la Fusion des sociaux-démocrates.

Il estime que Privert n’a pas pu créer les conditions macroéconomiques, qui pourraient susciter de l’espoir auprès de la population haïtienne pour l’année 2017.

Plusieurs points négatifs ont été relevés dans l’administration actuelle, notamment l’absence de dialogue et de transparence, avance, de son côté, le coordonnateur du Mouvement patriotique populaire dessalinien (Mopod), l’agronome Jean André Victor qui souligne la nécessité de sauver la démocratie.

« La continuité de l’impunité totale sous la présidence de Privert constitue un véritable problème », condamne Rony, citant en exemple l’absence de suivi sur l’attaque perpétrée le 16 mai dernier contre le commissariat de la ville des Cayes (Sud).

« C’est une véritable catastrophe, le président Privert n’a apporté aucune touche dans la lutte contre l’impunité », poursuit-il, rappelant qu’une série d’évasions ont eu lieu au cours de l’année 2016 sans qu’aucune lumière n’ait été portée la-dessus.

Il souligne qu’au départ Privert avait dénoncé une série de gabegies administratives au sein de l’administration de l’ex-président Michel Martelly, notamment en ce qui concerne le programme Petrocaribe, les détournements de fonds au Bureau de monétisation des programmes d’aides au développement (Bmpad).

« Aucune information n’a été donnée autour de ces dossiers de corruption, c’est l’impunité totale ».

AlterPresse