Argentina: ¿hacia un estado policial? – Por Carlos Schmerkin (en francés el original)

Los conceptos vertidos en esta sección no reflejan necesariamente la línea editorial de Nodal. Consideramos importante que se conozcan porque contribuyen a tener una visión integral de la región.

Argentine : vers un état policier ?

Depuis un an le gouvernement de Mauricio Macri s’embourbe dans le « dossier » Milagro Sala. La détention arbitraire depuis le 16 janvier 2016 de cette dirigeante sociale et députée du Parlasur est la manifestation la plus visible d’une dérive autoritaire qui est en train de s’installer dans tout le pays.

La dernière dictature (1976-1983) a laissé ses traces. La complicité de civils et de membres de l’Eglise avec les tortionnaires a été largement démontré. L’appareil judiciaire n’a pas échappé à la règle : plusieurs procès d’anciens juges sont en cours. Rien que dans la province de Mendoza quatre ex-juges attendent leur sentence : prison à perpétuité demandée par le procureur pour complicité directe avec les militaires lors des tortures, violations et assassinats.

Durant les douze années de gouvernement kirchneriste et lors de la reprise des procès de militaires et policiers en 2005 suite à l’annulation des lois d’amnistie, peu de juges ont avancé à bon rythme tandis que beaucoup ont freiné ces dossiers. Malgré cela, 669 condamnations pour crime contre l’humanité ont été prononcées et 121 petits enfants appropriés sur 500 ont été retrouvés. Il reste encore une longue liste d’accusés – plus de 1500 – qui attendent la fin de leur procès. Malheureusement depuis un an les organismes de défense de DDHH observent des ralentissements inquiétants.

La criminalisation de la protestation

Depuis l’arrivée du nouveau gouvernement, la répression a fait irruption et, dans certains cas, avec une brutalité qui rappelle celle des époques que l’on croyait révolues. C’était le cas il y a un an à la ville de La Plata où la police est intervenue en blessant cinq personnes avec des armes à balles de caoutchouc lors d’une mobilisation des travailleurs de la municipalité.

En février 2016 la gendarmerie fait irruption dans un quartier pauvre de la ville de Buenos Aires où 80 enfants et jeunes préparaient les festivités du carnaval : 16 enfants et ados entre 4 et 16 ans ont été blessés par balles de caoutchouc et de plomb.

Début janvier 2017, lors de la manifestation contre les 400 licenciements sans préavis du Ministère de l’Education Nationale, la police a tabassé les représentants syndicaux qui devaient rencontrer la direction du Ministère. Le syndicat des travailleurs d’Etat (ATE) dénonce le prochain licenciement de 2600 autres salariés du Ministère. En un an 200 000 licenciements ont été provoqués par la politique néolibérale de Mauricio Macri. Des milliers de PME ont fermé leurs portes suite à l’ouverture indiscriminée des importations et à l’augmentation brutale de l’électricité et du gaz (entre 400 et 700%). Une forte inflation (+ de 40%) et la faible augmentation des salaires jettent des centaines de milliers de personnes dans la pauvreté (+ de 1,4 millions en 2016).

La judiciarisation de la politique

Le harcèlement médiatique et juridique de l’ex présidente Cristina Kirchner depuis un an est sans précèdent en Argentine. Un air de revanchisme politique plane lors de chaque accusation dont elle est l’objet par un corps judiciaire soumis au pouvoir exécutif actuel.

Une troisième tentative d’inculpation basée sur l’accusation du défunt procureur Nisman est en cours malgré les deux non lieux prononcés par les tribunaux et l’inconsistance juridique de cette accusation démontrée par les plus prestigieux spécialistes en la matière.

Autre exemple : son extravagante inculpation par le juge Bonadío dans l’affaire de ventes à terme du dollar dont les principaux bénéficiaires sont les actuels membres du gouvernement, montre à quel point M. Macri utilise le pouvoir judiciaire à des fins politiques. Il est difficile de ne pas faire le lien avec le coup d’état institutionnel au Brésil contre la présidente Dilma Rousseff par une droite récalcitrante et corrompue, aujourd’hui au pouvoir.

L’acharnement contre Cristina Kirchner s’explique par le rôle qu’elle pourrait jouer dans les prochaines élections législatives et sénatoriales d’octobre 2017. Pas un jour ne se passe sans que les médias monopolistiques argentins publient en première page ou sur leurs chaines de télévision un article ou une note en référence à ses « déboires » judiciaires et à l’embargo de ses biens. Ceci contraste brutalement avec l’absence totale d’information sur les différentes accusations à l’encontre du président Mauricio Macri, de sa famille et d’autres membres du gouvernement pour ses comptes offshore dévoilés par le « Panamá – papers ».

Milagro Sala : un an de détention arbitraire

Cela fait un an que Milagro Sala (voir mon post https://blogs.mediapart.fr/carlos-schmerkin/blog/020716/liberez-milagro-sala) est incarcérée de forme préventive pour avoir été à l’origine d’un rassemblement devant le siège du gouverneur de la province de Jujuy, Gerardo Morales. L’ONU, la CIDH, diverses personnalités politiques et organismes de DDHH ainsi qu’Amnesty International ont demandé sa libération immédiate en octobre dernier considérant sa détention totalement arbitraire. Lorsque la question concernant son emprisonnement a été posée au premier mandataire argentin, Mauricio Macri, il a simplement répondu que « l’opinion publique était convaincue de sa culpabilité et que par conséquent il ne voyait pas pourquoi Milagro Sala devait retrouver sa liberté ».

Lors de son premier procès, le 28 décembre dernier, elle a été condamnée à trois ans avec sursis pour avoir lancé des oeufs, lors d’un “escrache” dans lequel sa participation n’a pas été démontrée et dont le seul témoin s’est avéré être à la solde du gouverneur, qui lui aurait versé un million de pesos à travers une coopérative fictive. Par ailleurs deux députés alliés de Gerardo Morales ont osé proposer un projet de loi pour réaliser un “referendum” afin que Milagro Sala reste en prison, projet qui a été annulé pour son caractère éminemment anticonstitutionnel.

Anibal Ibarra, membre du Comité pour la libération de Milagro Sala a déclaré que “dans un Etat de droit, la liberté ou la détention de personnes ne peut être défini par des enquêtes d’opinion, par ce que les gens pensent ou par referendum. Ignorer les lois, les résolutions des organisations internationales pour prendre en otage une personne démontre l’autoritarisme du gouverneur Gerardo Morales et que la complicité du gouvernement national est d’autant plus grave”.

Le prochain jeudi 16 janvier les argentins préparent des manifestations et des blocages de rues pour exiger la libération immédiate de Milagro Sala.

Dernière minute:

Deux cents gendarmes armés de matériel de guerre, ont attaqué hier les membres d’une communauté Mapuche qui barraient une route pour protester contre la vente de leurs terres ancestrales, traînant sur le sol et menottant des femmes et des enfants. La petite communauté mapuche de Cushamen vient d’être témoin de la dérive répressive de Mauricio Macri avec la complicité du gouverneur de la province de Chubut, Mario Das Neves.

Mediapart


Argentina: ¿hacia un estado policial? (traducción del autor)

Desde hace un año el gobierno de Mauricio Macri se empantana en el «dossier» Milagro Sala. La detención arbitraria desde el 16/01/2016 de esta dirigente social y diputada del Parlasur es la manifestación más visible de la deriva autoritaria que se está instalando en todo el país.

La última dictadura militar (1976-1983) dejó sus marcas. La complicidad de civiles y miembros de la iglesia con los torturadores ha sido ampliamente demostrada. El aparato judicial no escapó a la regla: existen actualmente varios procesos de ex jueces como el caso de los cuatro de la ciudad de Mendoza cuyo fiscal pidió cadena perpetua por complicidad directa con los militares por torturas, violaciones y asesinatos de militantes.

Durante los doce años de gobiernos kirchneristas, luego de la anulación de las leyes de impunidad en 2005, hubo pocos jueces que avanzaron con ritmo sostenido en los juicios a los militares y policías. La mayoría frenaron o avanzaron a paso de tortuga. A pesar de ello, 669 fueron condenados por crimen de lesa humanidad, 121 nietos sobre 500 recuperaron su identidad. Queda aún una larga lista de acusados -más de 1500- que esperan ser enjuiciados. Lamentablemente desde hace un año los organismos de DDHH observan una desaceleración inquietante.

La criminalización de la protesta

Desde la llegada del nuevo gobierno, la represión hizo irrupción con una brutalidad que recuerda épocas que creíamos superadas. Hace un año, en la ciudad de La Plata la policía intervino contra una movilización de empleados estatales hiriendo cinco personas con balas de goma.

En febrero del 2016 la gendarmería irrumpió a tiros en el bajo Flores donde más de 80 chicos preparaban una murga para el carnaval: 16 heridos de bala (de goma y de plomo) tuvieron que ser internados debido a las heridas recibidas.

A principios de enero deeste año, la policía atacó a palos los trabajadores que se concentraron delante del Ministerio de Educación reclamando una reunión con la dirección para protestar contra los despidos sin preaviso de 400 empleados del ministerio. El sindicato (ATE) denuncia asimismo el despido de otros 2600 asalariados del ministerio. En un año este gobierno neoliberal provocó 200 000 despidos, miles de pymes cerraron sus puertas frente a la apertura indiscriminada de las importaciones y al aumento brutal de los servicios de energía -gas y electricidad (entre 400 et 700%). La fuerte inflación (+ de 40%) y el débil aumento de salarios en un año provocó un aumento terrible de la pobreza (+ de 1,4 millones de personas).

La judicialización de la política

Un aire de revanchismo político contra Cristina Kirchner planea en cada acusación del poder judicial sometido al poder ejecutivo actual. El acoso mediático y judicial de la ex presidenta desde hace un año no tiene precedentes en la historia argentina. Una tercera tentativa de inculparla en base a la acusación del difunto fiscal Nisman acaba de presentarse a pesar de que la misma ha sido desestimada por los tribunales y por los numerosos comentarios de expertos jurídicos en cuanto a la inconsistencia de tales acusaciones.

Otro ejemplo: el extravagante proceso del juez Bonadío sobre el tema “dólar futuro” cuyos principales beneficiarios fueron miembros del actual gobierno muestran hasta qué punto Mauricio Macri utiliza el poder judicial a sus fines políticos. Difícil no relacionar este tipo de situación con el golpe de estado institucional en Brasil contra la presidenta Dilma Rousseff llevada adelante por una derecha recalcitrante y corrupta que esta hoy en el poder.

El encarnizamiento contra la ex presidenta se explica por el rol que podría jugar en las próximas elecciones legislativas y senatoriales de octubre de 2017. No pasa un solo día sin que los medios masivos monopólicos argentinos publiquen en primera plana o en los canales de televisión que controlan artículos y notas que hablan sobre sus problemas judiciales o el embargo de sus bienes. Esto contrasta brutalmente con la ausencia total de información sobre las diferentes acusaciones contra el presidente Macri, su familia y miembros del gobierno que aparecen ligados a empresas offshore reveladas por los “Panamá – papers”

Milagro Sala : un año de detención arbitraria

Ya hace un año que Milagro Sala está detenida preventivamente por haber organizado una manifestación delante de la sede del gobernador de la provincia de Jujuy, Gerardo Morales. Diversas personalidades políticas nacionales e internacionales, la ONU, la CIDH, organismos de DDHH y Amnesty International pidieron por su liberación inmediata en octubre considerando su detención completamente arbitraria. Cuando se le pregunto al presidente Mauricio Macri por las razones de ese encarcelamiento contestó simplemente “que la opinión publica estaba convencida de su culpabilidad y que por esa razón no veía porqué Milagro Sala debía ser liberada”.

El 28 de diciembre pasado, terminado su primer juicio, Milagro Sala fue condenada a 3 años de prisión en suspenso por haber tirado huevos durante un escrache. No solo participación no pudo ser demostrada, sino que el principal testigo que declaró contra ella resultó estar a sueldo del gobernador, que le habría pagado un millón de pesos a través de una cooperativa fantasma según denunció el periodista Horacio Verbitsky hace pocos dias.

A esta increíble fantochada se agrega la insólita propuesta de dos diputados aliados del gobernador Morales de realizar un “referéndum” para que la población decida si Milagro Sala debe o no quedar en la cárcel. Por suerte este proyecto abortó por su carácter eminentemente anticonstitucional.

Uno de los integrantes del Comité por la libertad de Milagro Sala, Aníbal Ibarra, denunció que “en un estado de Derecho no se define la libertad o detención de las personas ni por encuestas, ni por lo que opina la gente ni por un referéndum. Dejar de lado las leyes, las resoluciones de organismos internacionales para tener como rehén a Sala muestra el carácter autoritario del gobierno de Gerardo Morales”. El ex legislador porteño, además, advirtió que “la complicidad del gobierno nacional es tanto o más grave”.

El próximo 16 de enero los argentinos preparan manifestaciones y bloqueos de ruta para exigir la inmediata libertad de Milagro Sala.

Ultimo minuto

Más de doscientos gendarmes armados con material de guerra atacaron a miembros de una comunidad Mapuche que cortaban una ruta en protesta contra la venta de sus tierras ancestrales, apaleando a los hombres, arrastrando por el suelo a mujeres y niños, esposándolos con violencia. La pequeña comunidad mapuche de Cushamen acaba de ser testigo de la deriva represiva del gobierno de Mauricio Macri con la complicidad del gobernador de Chubut, Mario Das Neves.

(*) Ex preso político argentino y co-autor de “La paloma engomada, relatos de prisión, Argentina 1975-1979” y presidente de ACAF (Asamblea de Ciudadanos Argentinos en Francia).