Haití: sindicatos anuncian movilización para exigir aumento del salario mínimo

Haïti-Salaire minimum : Appel à la mobilisation contre les 225 gourdes dans la sous-traitance

En été 2009, des milliers d’ouvriers des manufactures appuyés par des organisations du mouvement social haïtien et des associations d’étudiants de l’université d’Etat d’Haïti ont occupé le bitume.

Après quelques mois de palabres, de réunions de commissions au parlement, de correspondances entre les parlementaires et l’exécutif, la loi du 6 octobre 2009 avait prévu qu’à partir du 1er octobre 2012, le salaire minimum dans le secteur de la sous-traitance serait de 300 gourdes.

Au contraire, le 16 avril, un arrêté du président Michel Martelly a fixé ce salaire à 225 gourdes.

En conférence de presse à Port-au-Prince, ce 4 août 2014, Aoa invite différents groupes d’acteurs à jouer leur partition contre cet arrêté jugé « illégal », cette décision « anticonstitutionnelle, arbitraire, autoritaire » pris par « un gouvernement faschiste, anti-peuple et macoute ».

A côté des ouvriers et travailleurs concernés au premier chef qui « doivent exiger le retrait de cet arrêté », Antèn Ouvriye sollicite du parlement haïtien de décider de l’illégalité de la décision de l’exécutif.

Les organismes de défense des droits humains sont invités à « dénoncer » le document du 16 avril 2014 et « exiger le gouvernement à respecter les droits des ouvriers et travailleurs ».

A l’occasion de cet anniversaire « de démonstration de la force ouvrière comme seule garante des intérêts de cette classe », Aoa se demande si l’arrêté présidentiel d’avril 2014 peut remplacer la loi d’octobre 2009 et s’interroge sur le silence du parlement haïtien ?

« La gouvernance par décret si convoitée par l’actuel chef de l’Etat aurait-elle déjà commencé en douce ? » se questionne Reyneld Sanon, membre de la coordination de Antèn Ouvriye Ayiti.

En décembre 2013, des syndicats d’ouvriers ont dénoncé le rapport du Conseil supérieur des salaires (Css) proposant les 225 gourdes de salaire minimum pour la sous-traitance vues comme « un grand recul » par rapport à 2009.

Le collectif syndical des usines du textile (Kosit, en Créole) regroupant 4 organisations syndicales a estimé que les 225 gourdes sont en inadéquation avec« le niveau de vie, le pouvoir d’achat de l’ouvrier et le coût du panier ménager ».

Les manifestations de rue des ouvriers, en décembre 2013, ont été à plusieurs reprises bloquées ou tuées dans l’œuf par la police. Finalement cette mobilisation s’est soldée par la révocation de plusieurs des leaders de ce mouvement réclamant plutôt 500 gourdes de salaire minimum.

Depuis, les ouvriers révoqués font la navette au tribunal du travail alors que les patrons ne se présentent pas.

http://www.alterpresse.org/spip.php?article16831#.U-I4_6iSxWB