Partido propone crear tribunal que juzgue los daños de la ocupación de EEUU

Haïti-Occupation américaine : Près de 100 ans de créances et de torts

Tout en annonçant une serie d’activités de commémoration, le Parti politique Rasin Kan Pèp la évoque la necessité d’un tribunal autour des torts, causés par la première occupation américaine de 1915, dans une conférence de presse à laquelle a assisté l’agence en ligne AlterPresse le 29 octobre 2014.

Exploitation des ressources du pays, massacre des paysans, exécutions sommaires des opposants à l’occupation, destruction de la couverture forestière, font partie de quelques maux de l’occupation américaine, du 28 juillet 1915 au 21 août 1934.

Le porte-parole du secrétariat exécutif de Rasin Kan Pèp la, Camille Chalmers, estime nécessaire aujourd’hui de « constituer un tribunal » pour l’évaluation de la dette, directe et indirecte, des États-Unis d’Amérique envers Haïti.

Le réveil de la conscience des citoyennes et des citoyens haïtiens est aussi nécessaire, pour qu’ils puissent comprendre que « ce sont les États-Unis qui ont une dette envers à Haïti et non l’inverse », poursuit-il.

Le secrétariat de Rasin Kan Pèp la revient sur certains faits, dont « le vol de la réserve d’or » d’Haïti, estimée à l’époque (1915) à 500 mille dollars.

« Il faut restituer la réserve et payer les dommages », réclame le secrétariat de Rasin Kan Pèp La.

Le parti rappelle la mémoire de l’un des combattants, opposés à cette occupation, Charlemagne Péralte, exécuté par les marines américains, le 31 octobre 1919, près de la Grande Rivière du Nord.

Charlemagne Péralte a été, jusqu’à sa mort, un des chefs de file d’une guérilla, dénommée Cacos, contre l’occupation des États-Unis d’Amérique.

L’une des actuelle conséquences de l’occupation étasunienne d’Haïti, de 1915 à 1934, serait la présence de la Mission des Nations unies pour la stabilisation d’Haïti (Minustah), dans le pays depuis juin 2004, à la suite de crises liées à « la fermentation d’un système de domination », institué par les occupants de 1915.

« La Minustah est un prolongement de 1915 », estime le parti Rasin Kan Pèp la.

Avant cette occupation de la Minustah, il y a eu celle assurée par des militaires étasuniens en 1994, après un coup d’État (30 septembre 1991 – 19 septembre 1994), dont certains secteurs remontent la planification au gouvernement étasunien de l’époque.

Dans un ouvrage relatant sa vie, l’ancien chef d’État étasunien William Jefferson Clinton (dit Bill) a reconnu avoir placé l’ancien Général Raoul Cedras au pouvoir.

La première occupation américaine d’Haïti, qui a duré 19 ans, a obligé les protagonistes politiques haïtiens à ne plus avoir le contrôle des décisions haïtiennes, dorénavant prises par le département d’État américain, tout en détruisant l’agriculture paysanne en faveur de firmes internationales agro-alimentaires.

La démotivation des Haïtiennes et Haïtiens par l’imposition d’un règne de terreur et l’entretien du coup d’État font autant partie des méfaits de cette démarche étasunienne.

En date du 10 mars 2010, Bill Clinton a reconnu, par-devant le congrès américain, avoir contribué à la destruction de l’agriculture haïtienne.

2015 ramènera les 100 ans de la première occupation d’Haïti par les Etats-Unis d’Amérique.

Une série d’activités, dont des conférences-débats, sont prévues par le parti politique Rasin Kan Pèp la.

Pour sa part, la Société haïtienne d’histoire, de géographie et de géologie (Shhgg) a procédé, le mercredi 30 juillet 2014, au lancement d’un comité d’initiative de remémoration du centenaire de l’occupation.

Formé de près d’une dizaine d’institutions, ce comité aura à travailler sur un chronogramme d’activités détaillées, liées à cette commémoration.

AlterPress