Haití reelaborará su política de migración nacional frente al alto índice de personas que abandonan el país

Haïti – Politique : L’OIM va aider Haïti à élaborer une politique migratoire nationale

«Avec plus de 80% de la population vivant sous le seuil de pauvreté et un taux de chômage oscillant autour de 40%, les facteurs qui incitent les habitants à migrer à l’intérieur et à l’extérieur du pays, ne disparaîtront pas sans une réforme globale du secteur de la migration » selon Pier Rossi Longhi, Spécialiste de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), en matière d’immigration et de gestion des frontières dans les Amériques.

L’absence d’un cadre juridique et d’un mécanisme de coordination clairement définis en Haïti, et la faiblesse des systèmes de gestion des migrations et des contrôles aux frontières ont un impact sur l’économie et le développement du pays. Le système économique actuel ne tire pas suffisamment parti des rapatriements de fonds des Haïtiens vivant à l’étranger, qui s’élevaient en 2012 à deux milliards de dollars, soit 35% du PIB du pays.

La hausse de la migration irrégulière vers des pays plus développés a coûté la vie à de nombreux migrants et représente une inquiétude majeure pour les pays d’accueil, qui finissent souvent par expulser les migrants. En raison de leur statut irrégulier, les migrants haïtiens ont souvent des conditions de vie et de travail difficiles dans les pays d’accueil, luttant parfois pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille restée au pays.

La gestion des défis migratoires nécessite une réponse coordonnée et à plusieurs niveaux visant à la fois à répondre aux défis que pose la hausse des flux migratoires et à tirer parti des possibilités qu’offre la migration. L’OIM aidera Haïti à élaborer une politique migratoire nationale en mobilisant des experts nationaux et internationaux et en fournissant un soutien financier et une aide à la programmation aux institutions gouvernementales.

«La création d’une politique migratoire en Haïti doit intégrer trois domaines clés : réorganiser les autorités étatiques compétentes en matière d’immigration et de gestion des frontières : favoriser le développement économique et social par le biais de la migration et garantir la protection des droits des travailleurs migrants et des groupes vulnérables. Ce processus augmentera certainement la crédibilité et la reconnaissance internationale d’Haïti en fonction d’un bon équilibre entre contrôle et assistance », a déclaré M. Longhi.

En se basant sur les recommandations issues d’un atelier interministériel, qui s’est tenu en mai 2014, une feuille de route pour la création d’une politique migratoire a été élaborée et comprend les étapes suivantes :

-Mobiliser des experts nationaux et internationaux et créer un groupe de travail sur la migration chargé de concevoir une politique migratoire nationale ;
-Élaborer un profil migratoire pour Haïti qui comprenne des politiques basées sur la collecte de données migratoires et sur l’analyse du cadre juridique ;
-Organiser une série d’ateliers thématiques au cours desquels les acteurs gouvernementaux, les experts internationaux et la société civile définiront des objectifs et des actions stratégiques qui répondront à des questions clés en matière de migration et développement, de sécurité et de gestion des frontières, de protection des droits des migrants, de migration et environnement et de migration irrégulière ;
-Rédiger un document de politique migratoire conforme aux réalités et aux besoins du pays définissant des recommandations et des responsabilités claires ;
-Établir une méthodologie de contrôle et d’évaluation pour la mise en œuvre des recommandations.

Une fois validée, la politique migratoire haïtienne sera le deuxième document du genre dans la région d’Amérique centrale et des Caraïbes, derrière la politique migratoire nationale approuvée par le Costa Rica.

Cette initiative est dirigée par le Conseil haïtien du Développement Économique et Social (CDES) et par le Bureau du Premier Ministre, Laurent Lamothe, en partenariat avec l’OIM et le Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP).

Haití Libre