Haití: profesores universitarios se declaran en huelga hasta el viernes

Haïti-Ueh/Grève : « La grève des professeurs, un faux problème », lance Poincy Jean

La grève, annoncée au sein de l’Université d’Etat d’Haïti (Ueh), du lundi 19 au vendredi 23 janvier 2015, à l’initiative de la Cellule de Réflexion pour la nouvelle Ueh (Crnu), est un faux problème, réagit le vice-recteur aux affaires académiques de l’Ueh, Poincy Jean, dans une interview à AlterPresse.

« Cette question de grève, c’est un faux problème. C’est quelque chose qui revient, qui a été là l’année dernière. Certains professeurs, qui voulaient entamer une grève l’année dernière, ont reçu leurs salaires. Ils ont eu le montant qu’ils désiraient, le montant qui a été retenu pour une catégorie de ces professeurs », indique Poincy Jean.

Pourtant, le rectorat n’a appliqué la grille salariale – adoptée le 7 décembre 2013 – qu’au profit de la Faculté d’agronomie et de médecine vétérinaire (Famv) et de la Faculté des Sciences (Fds), critique la Crnu.

Neuf entités de l’Ueh n’en bénéficieraient pas.

La grève vise à faire pression sur le rectorat de l’Ueh pour l’application d’une grille salariale, concrétisant une augmentation des émoluments des professeurs de l’Ueh.

« L’enveloppe de fonctionnement du rectorat est plus élevée que celle de toutes les facultés. Ils ont les moyens pour appliquer les deux grilles, mais ne le font pas. Ils ont les moyens d’appliquer les deux grilles, mais ils ne veulent pas le faire », affirme le Dr. Luné Roc Pierre-Louis, l’un des fers de lance de cette grève.

L’autre grille salariale concerne le personnel administratif de l’Ueh.

Pour sa part, Poincy Jean soutient que les professeurs lutteraient, en fait, pour avoir un traitement de professeurs à temps plein, soit entre 80 à 100 mille gourdes (US $ 1.00 = 47.00 gourdes ; 1 euro = 65.00 gourdes aujourd’hui).

« Etant donné que ces professeurs assuraient des cours dans d’autres facultés, ils touchaient non seulement un chèque de ces facultés, mais aussi un chèque de professeurs à temps plein. La logique qu’on avait, c’était de considérer le professeur à temps plein comme un professeur de l’Ueh. On ne peut pas vous payer pour chaque cours que vous assurez dans une faculté ».

« Dès qu’on a coupé les chèques d’autres facultés, les professeurs se sont mis à rouspéter. C’est là le problème et c’est pourquoi j’ai dit que c’est un faux problème », accuse le vice-recteur Jean.

90% du budget de l’Ueh, pour l’exercice fiscal 2014-2015, couvrirait le traitement des fonctionnaires et professeurs, alors que l’institution fait face à des problèmes de ressources.

« Jusqu’à maintenant, nous n’avons rien reçu du ministère des finances. Alors que l’année fiscale a démarré en octobre 2014, nous n’avons rien reçu comme fonds de fonctionnement. Nous n’avons d’autres sources de financement que celles de l’Etat », ajoute-t-il.

Le budget 2014-2015 de l’Ueh s’élève à 1,4 milliard de gourdes.

Le campus de l’Ueh au point zéro

A la suite du tremblement de terre dévastateur du 12 janvier 2010, les responsables de l’Ueh projetaient de construire un campus universitaire à Damien (au nord de la capitale), dans la perspective de loger les quelques facultés qui ont été détruites, une initiative qui reste, jusqu’à date (janvier 2015) au point initial.

Les diverses entités, qui ont été détruites ou endommagées, fonctionnent dans des abris provisoires, qui deviennent, au fil des mois, permanents.

« Nous n’avons pas les sous pour pouvoir démarrer les travaux. Le gouvernement nous avait promis des fonds, mais, jusqu’à aujourd’hui, nous n’avons rien eu », affirme Poincy Jean.

AlterPresse