Critican velatorio nacional del dictador Duvalier y afirman que continuarán juicios

Haïti-Duvalier : La possibilité d’offrir à l’ex-dictateur des funérailles nationales fait polémique

L’idée d’accorder des funérailles nationales à Jean Claude Duvalier fait polémique dans le monde, selon ce qui ressort de l’émission “Appels sur l’actualité” sur Radio France internationale (Rfi), qui a lancé le débat sur la question ce 7 octobre.

L’ancien dictateur est décédé d’un arrêt cardiaque le 4 octobre en Haïti, soit trois ans après son retour d’exil. Il a gouverné sans partage le pays, à la suite de son père François Duvalier entre 1971 et 1986.

Alors que le palais national réputé proche du régime, réfléchit à la possibilité de lui offrir des funérailles et des journées de deuil nationales, les avis sont partagés.

Pour un auditeur à Paris le mieux c’est que Duvalier « soit incinéré et oublié ». Le message de Michel Martelly parlant de lui comme d’ « un authentique fils d’Haïti » est une « faute politique et morale ».

Plusieurs autres appels ont penché pour des funérailles discrètes, intimes, ne dépassant pas le cadre familial du défunt.

Ce serait une « insulte à la mémoire collective haïtienne de parler de funérailles nationales », réagit une femme appelant de Libreville, « une insulte à tous les peuples du monde qui se battent pour sortir des régimes totalitaires ».

Toutefois certains auditeurs ont souhaité que Duvalier ait ces hommages nationaux.

Un Haïtien vivant à Paris a souligné qu’ « il n’y a que la réconciliation » qui puisse sortir le pays de sa situation. Pour lui, les funérailles donneraient l’occasion de « réunir les victimes et les bourreaux, en finir avec la haine ».

Depuis la République démocratique du Congo, une autre personne a appelé à respecter le statut d’ancien président de Duvalier en lui accordant ces funérailles.

Des funérailles nationales mais sans oublier la procédure judiciaire en cours, concède un auditeur à New York.

« Le protocole veut qu’on aille vers les funérailles nationales. C’est un ancien chef de l’Etat et chef de la nation. Est-ce qu’il y aura des journées de deuil ? On ne le sait pas encore, on va se concerter là-dessus », a indiqué le porte-parole de la présidence, Lucien Jura hier 6 octobre.

La possibilité d’offrir des funérailles nationales à l’ancien dictateur risque, cependant, de ne pas être du goût des victimes de son régime qui ont déjà sévèrement critiqué le président Martelly pour son message de sympathie suite au décès de « Baby Doc ».

Duvalier est d’ailleurs inculpé par la justice haïtienne pour crimes contre l’humanité et crimes économiques.

Alter Presse

Haïti – Justice : Le décès de Duvalier ne met pas fin à la procédure judiciaire…

La mort de Jean Claude Duvalier ne met pas fin aux poursuites entamées devant la justice, les victimes du régime Duvalier ayant également porté plainte, contre les proches collaborateurs de l’ex-dictateur » a déclaré Pierre Espérance, le Directeur exécutif du « Le Réseau National de Défense des Droits Humains » RNDDH et Secrétaire général de la « Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme » (FIDH).

Une position que partage Me Pascal Paradis, Directeur Général d’ « Avocats Sans Frontières Canada » (ASFC), le principal partenaire du Collectif contre l’impunité, qui regroupe la plupart des plaignants contre l’ex-dictateur et ses principaux collaborateurs « la mort de l’ancien dictateur Jean-Claude Duvalier ne marque pas la fin de la procédure judiciaire engagée en Haïti pour faire juger les plus hauts responsables des violations graves des droits humains qui ont été commises de 1971 à 1986 […] parmi lesquels Jean Valmé, Rony Gilot et Emmanuel Orcel […] »

Me Pascal Paradis rappelle que « le dossier actuellement en cours ne peut pas être fermé. Les autorités haïtiennes ont l’obligation en vertu du droit haïtien et du droit international d’enquêter sur les graves violations des droits humains et de poursuivre et juger les personnes qui en sont responsables, ce que la Commission interaméricaine des droits de l’Homme leur a d’ailleurs rappelé en 2011 » soulignant que « La communauté internationale a également l’obligation de s’assurer qu’Haïti respecte ses engagements internationaux en matière de lutte contre l’impunité à l’égard des responsables de violations flagrantes du droit international des droits humains. »

Même attitude chez le Juriste internationaliste, Gédéon Jean, Directeur Exécutif du « Centre d’Analyse et de Recherche en Droits de l’Homme (CARDH) qui rappelle également à l’attention de l’opinion nationale et internationale que « ce décès n’empêche nullement la continuité des poursuites judiciaires engagées contre les responsables de son régime, qui ont commis de graves violations des droits de la personne humaine ainsi que des crimes économiques et financiers pendant environ deux décennies […] »

Haití Libre