Haití: miles de manifestantes volvieron a reclamar la renuncia del presidente Martelly

Haïti : Des milliers de manifestants ont encore défilé contre le pouvoir au Cap-Haïtien et à Port-au-Prince

Des milliers de manifestants ont défilé, le samedi 6 décembre 2014, dans les rues du Cap-Haïtien (Nord) et à Port-au-Prince (Ouest) pour exiger le départ de l’administration politique actuelle.

Au Cap-Haïtien (à 248 km au nord de la capitale), les manifestants affirment vouloir maintenir la mobilisation jusqu’à ce qu’ils obtiennent le départ du président Michel Joseph Martelly et du premier ministre Laurent Salvador Lamothe.

La manifestation du 6 décembre 2014, qui avait à sa tête le sénateur Jean-Charles Moïse, considéré comme un farouche opposant du pouvoir actuel, s’est déroulée sous forte escorte d’agents de l’Unité départementale de maintien d’ordre (Udmo).

Aucun incident n’a été enregistré lors de la manifestation qui a parcouru, entre autres, les rues 18 et 24 du centre-ville de la deuxième ville du pays, pour terminer sa course au rond-point de Samarie, proche de l’aéroport international du Cap-Haïtien.

Des centaines de personnes, victimes dans la démolition récente, sans dédommagement, de leurs maisons, ont rejoint la manifestation.

Leurs maisons auraient été détruites sur ordre de la délégation départementale du Nord.

Des distillateurs du Nord se sont aussi mêlés de la partie pour réclamer la protection des industries de production de clairin contre l’éthanol, qui envahit le marché.

A travers des messages exprimés dans des pancartes, les manifestants ont appelé le gouvernement à libérer tous les prisonniers politiques.

« Martelly et Lamothe signifient corruption », ont-ils scandé lors du défilé.

Parallèlement, à l’appel de l’opposition politique, plusieurs milliers de personnes en colère ont de nouveau parcouru, le samedi 6 décembre 2014 (au lendemain d’une démonstration populaire, le 5 décembre, qui les a amenés devant les ruines du palais national), divers quartiers de Port-au-Prince et de Delmas, pour exiger la démission de Martelly.

Ils ont délivré un message devant l’ambassade du Canada (à Delmas), dans lequel ils se prononcent contre l’ingérence de la communauté internationale dans les affaires internes d’Haïti, notamment par rapport à l’évolution de la situation politique actuelle.

D’octobre 2014 à date (6 décembre 2014), plusieurs manifestations de l’opposition, dont certaines dispersées à coups de gaz lacrymogènes, se sont déroulées, particulièrement à Port-au-Prince, au Cap-Haïtien et à Petit-Goâve, pour réclamer le départ de l’actuelle administration politique.

La manifestation anti-gouvernementale de l’opposition politique a pu finalement terminer sa course, le vendredi 5 décembre 2014, devant les ruines du palais national, au niveau du Champ de Mars, principale place publique de la capitale, Port-au-Prince.

Lors du défilé, certains protestataires ont paradoxalement appelé le président russe Vladimir Poutine à l’aide.

Cet appel intervient après que l’ambassadrice américaine en Haïti, Pamela Ann White, a rencontré, le mardi 2 décembre 2014, des membres de l’opposition, marquant ainsi l’intervention visible des Etats-Unis d’Amérique dans la crise.

Depuis quelques temps, divers mouvements de rue, dont celui du mardi 25 novembre 2014, ont été généralement dispersés, avant d’atteindre l’espace situé aux abords des ruines du palais national.

AlterPresse